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Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.
A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.
Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!
Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.
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L'albatros, réécriture faites par Laurent Gris, le 21 Août 2007.
Les marins par leurs long voyages,
Evitent de penser a leurs terres,
Pour oublier, ils asservissent des albatros sages,
Pendant que le navire poursuit sa marche solitaire.
Pour eux c'est comme une revanche,
Sur ces seigneurs du ciel, qui a terre sont vergogneux,
Leurs plumages tels des ombres perdent leur beauté franche,
Se soumettant a un calvaire affreux!
Cet aventurier aérien broyé telle une meule,
Qui hier majestueusement planait,
Se retrouve sur un trois-mâts, seul,
Rêvant des hautes sphères loin des rires, qu'il fuyait!
L'être lyrique est comparable à cette créature hébétée,
Il ne craint pas la tempête et lui seul peut faire une envolée,
Mais si au sol, il se retrouve bloqué,
Il lui est impossible de re-décoller.
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